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Liberté de culte ou transgression de la souveraineté nationale ?
Dans un article paru dans la rubrique Idées-Débat du quotidien El Watan du 31 mars 2008, sous le titre A quand la liberté de culte ? l’auteur semble faire l’amalgame entre la liberté de la pratique du culte qui est un droit sacré reconnu pour tous et le droit pour tout pays d’exercer sa souveraineté sur son territoire. La récente loi fixant les conditions et les règles d’exercice des cultes non musulmans qui vient d’entrer en vigueur, le gêne et le dérange au point qu’il l’a qualifie d’injuste. Pourquoi ? Parce que cette loi fait la distinction entre les chrétiens sincères qui veulent vivre leur foi et pratiquer leur culte, comme ils l’ont toujours fait chez nous et ceux qui sont animés par des desseins autres que religieux et qui viennent profiter de notre hospitalité pour semer les grains de la division et de la fitna parmi notre peuple. Doit-on rappeler à cet auteur que chaque pays a le droit d’exercer sa souveraineté chez lui selon les intérêts que lui dicte sa politique intérieure et extérieure ? La France interdit le port du foulard dans les écoles, parce qu’elle prétend que cela relève de sa souveraineté ; l’Angleterre soumet les mosquées du royaume à une stricte surveillance policière, parce qu’elle prétend que cela relève de sa souveraineté ; certains autres pays européens soumettent la construction de nouvelles mosquées à des conditions draconiennes en prétendant que cela relève de leur souveraineté... L’Algérie n’a-t-elle pas le droit d’exercer sa souveraineté chez elle en mettant fin à l’anarchie qui caractérisait l’exercice du culte chrétien, surtout après l’apparition des évangélistes soutenus ouvertement par l’actuelle Administration américaine ? Ce qui est permis pour les autres est-il interdit pour nous ? Les arguments que l’auteur de cet article avance pour justifier son plaidoyer ne tiennent pas la route. Pour lui, en effet, du moment que certains chrétiens ont soutenu l’indépendance de notre pays, il faut les associer dans tout ce qui concerne le destin et l’avenir de l’Algérie. L’engagement de ces hommes-là en faveur de l’indépendance de notre pays, qui mérite notre respect et reconnaissance, reste tout de même un engagement individuel en réaction à l’injustice et à l’exploitation auxquelles était soumis notre peuple de la part du colonialisme. Un tel argument nous rappelle un fait historique qu’il serait utile de mentionner ici. Le général de Gaulle a été accueilli par les anglais au lendemain de la défaite de son pays face aux Allemands. Les Anglo-Américains l’ont aidé, assisté et soutenu dans la libération de la France en 1945. Mais lui ont-ils exigé pour autant d’être associés dans la direction et la gestion des affaires de la France ? Bien plus, devenu le président de la République française, de Gaulle a pris de la distance avec eux, en refusant de les suivre aveuglément, gardant à la France une certaine indépendance dans sa politique étrangère. En outre, l’auteur de l’article commet certains amalgames en prétendant que le père du Mouvement national, en l’occurrence Messali Hadj était influencé par Mustapha Kamal Attaturk le fondateur de la Turquie laïque. D’où tient-il ces informations ? Ce que nous connaissons de Messali Hadj est qu’il était un adepte d’une zaouia à Tlemcen et un musulman farouchement attaché à ses valeurs arabo-islamiques qu’il a pu renforcer grâce à sa rencontre avec l’Emir Chakib Arslane en Suisse. Messali Hadj n’a jamais prôné de laïcité pour l’Algérie, du moins pas celle qui est pratiquée en France et qui sert de référence à certains de nos intellectuels coupés de leur univers culturel et spirituel. Notre pays reconnaît depuis toujours les confessions minoritaires qui pratiquent leurs cultes en toute liberté, sans aucune intervention de l’Etat dans leurs affaires intérieures. Malheureusement, notre pays est confronté depuis un certain temps à un mouvement de prosélytisme virulent qui veut s’imposer parmi la population en utilisant tous les moyens pour attirer les gens les plus fragiles, y compris le dénigrement systématique de la religion de la majorité du peuple. C’est pour faire face à ce prosélytisme pernicieux qui risque de constituer un danger pour l’unité nationale et religieuse du pays, que cette loi est entrée en vigueur. Cette loi sépare le grain de l’ivraie et distingue les chrétiens sincères qui ont toujours vécu leur foi avec sérénité et quiétude parmi nous des nouveaux évangélistes qui sont mus par d’autres considérations et qui portent autant préjudice aux musulmans qu’aux vrais chrétiens.
Alger, le 12/04/2008. La cellule de communication du H.C.I
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