![]() |
|
LE PERIODIQUE JEUNE AFRIQUE - L’INTELLIGENT Août 2002
1-Dans l’article Des carthaginois au pieds-noirs, (p.16), l’auteur Jean Hureau écrit : « En 632, dans les sables de la lointaine Arabie, meurt un obscur berger devenu Prophète par la grâce de Dieu ». Je me demande si cet auteur est versé en islamologie et s’il a quelque connaissance du Prophète Muhammad. Dans sa jeunesse, il a été pasteur, il est vrai, comme d’autres Prophètes bibliques, mais on ne voit pas ce qu’il a d’obscur. Avant même que débute sa prédication, il était connu et estimé à la Mecque, notamment pour son intégrité et son comportement irréprochable. On l’appelait Al-Amîne (l’homme digne de confiance). Il appartenait à l’aristocratie mecquoise de la tribu de Qoraych. Après une vie des plus remplies, il meurt non « dans les sables de la lointaine Arabie » mais à Médine, seconde ville sainte de l’Islâm depuis lors. Il est curieux que ce personnage historique exceptionnel pour les musulmans ne soit évoqué que par la date de sa mort, sans indication de la date de sa naissance, ni par le message dont il était porteur ni par les actions qu’il a menées. La plupart des spécialistes qui se sont occupés de sa vie et de son œuvre reconnaissent au Prophète Muhammad une personnalité hors pair. Meneur d’hommes, il a su convaincre les polythéistes de son temps et les gagner à son message qui a très vite embrassé toute l’Arabie, puis d’autres contrées. A ceux qui ont cherché à diminuer son importance, Napoléon Ier a répondu de son exil : « Seul un être exceptionnel a pu marquer comme lui le cours de l’histoire ». 2-A propos de la conquête et de la résistance, plusieurs soulèvements ne sont pas mentionnés tels que ceux de Zaâtcha, des Oulad Sidi Cheikh, ou de Sidi Bouamama ; l’Emir Abd-el-Kader est à peine cité, malgré sa longue résistance. Il est vrai que « L’histoire véridique et complète de la conquête de l’Algérie par la France reste largement à écrire » (p.19). Des historiens français comme Charles-André Julien et Charles-Robert Ageron ou Algériens comme Mohamed Chérif Sahli, Mostafa Lacheraf, le Dr Saadallah, Mohamed Harbi…ont défriché en grande partie le terrain. D’autres peuvent continuer à « décoloniser l’histoire ».
3-Une petite page est
réservée à l’Emir Abd-el-Kader sous la plume de Chérif Ouazani (p.20). On
y lit curieusement qu’il est « tombé dans une embuscade en 1847 » ! C’est
là une contre-vérité manifeste que ne corrobore aucun document historique.
L’Emir a négocié son exil vers l’Orient avec le général Lamoricière et le
duc d’Aumale, fils du roi alors gouverneur général de l’Algérie. Le
gouvernement français a confirmé l’accord. Mais la monarchie de
Louis-Philipe a été renversée et la IIe République qui lui a succédé a
gardé l’Emir prisonnier. Libéré par Napoléon III, il a choisi de se fixer
à Damas et n’a pas été «banni », comme le dit Chérif Ouazani. |
|