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MISE AU POINT AU QUOTIDIEN L’ ECHO D’ORAN Janvier 2002
A propos d’articles scandaleux parus dans l’Echo d’Oran . Un quotidien de l’Ouest, l’Echo d’Oran, a livré courant janvier 2002 une série d’articles en langue française donnant des points de vue tendancieux hostiles à l’Islâm et au Prophète (qsssl) et datant du XVIIIème siècle. Ces écrits ont provoqué, à juste titre, l’indignation des fidèles d’Oran et la réaction des responsables du Ministère des affaires religieuses dans cette wilaya. Comme ce quotidien ne parvient pas régulièrement à Alger, nous avons pris connaissance de ces articles avec quelque retard. Le Haut Conseil Islamique les a étudiés avec le sérieux nécessaire et a parfaitement compris les protestations de ceux qui les ont parcourus. Pourquoi ce journal fait-il preuve d’une telle agressivité ? Il semble qu’il ignore tout des auteurs dont il reproduit les opinions sans le moindre commentaire. Il s’agit notamment de Bayle, Diderot, Voltaire et Goethe. Il paraît en effet absurde d’invoquer ces écrivains dont les arguments sont d’une grande faiblesse. Ils s’opposaient à l’Eglise de l’époque plus qu’à l’Islâm et professaient l’athéisme, le matérialisme ou le rationalisme, tous réfractaires aux dogmes religieux. P. Bayle (1647-1706) s’est exprimé dans son Dictionnaire historique et critique (1697) rejetant l’ensemble des dogmes et préconisant le libre examen des textes sacrés. D.Diderot (1718-1784) a dirigé L’Encyclopédie (1746-1766); il croyait à la morale de la nature et s’écartait également de tous les dogmes. Quant à Voltaire (1694-1778), il s’est insurgé contre l’Eglise et a défendu les victimes de l’intolérance de cette dernière ; son Dictionnaire philosophique s’est attaqué à son tour tant aux dogmes qu’aux superstitions, mais il est resté déiste, Dieu étant pour lui « l’horloger » du monde dont il assure le fonctionnement. Enfin, Goethe (1749-1832) était rationaliste et a essayé de trouver dans son Diwan occidental-oriental (1814-1816) la vérité universelle commune à l’occident et à l’Orient, particulièrement dans la poésie, la morale et la religion, malgré l’opposition de leurs cultures. Son hostilité n’était pas totale, contrairement à ses prédécesseurs. En vérité, ces écrivains n’avaient qu’une connaissance approximative de l’Islâm et de son fondateur. Ils se sont servis des préjugés qui circulaient sur l’Islâm à l’époque ; ils ne disposaient pas d’études fiables sur la religion musulmane et voulaient s’attaquer plutôt à l’Eglise qui exerçait une grande autorité sur leur société, préparant ainsi la philosophie des lumières qui devait triompher avec la Révolution de 1789. Aux XIXème et XXème siècles, par contre, les études musulmanes se sont multipliées et des ouvrages de référence ont été publiés dans lesquels l’Islâm et son Prophète ont été mieux présentés, sur la base de textes historiques crédibles(1). L’Echo d’Oran aurait été plus inspiré de consulter ces travaux; il lui suffisait de se reporter au moins à quelques ouvrages importants disponibles depuis quelques années : Mahomet, de R. Arnaldez (édit. Seghers, Paris), L’Islâm, religion et communauté, de L. Gardet (édit. Desclée de Brouwer, Paris), L’humanisme de l’Islâm, de M. Boisard (édit. Albin Michel, Paris, 1979), le Dictionnaire des religions, dirigé par P. Poupard (édit. P.U.F., Paris, 1894), le Dictionnaire historique de l’Islâm, de D. et J. Sourdel (édit. P.U.F., Paris, 1996), pour ne citer que quelque-unes de ces études approfondies.
Le moins que puisse faire l’Echo d’Oran serait de présenter des excuses à
ses lecteurs et de publier la présente mise au point pour rétablir
l’exactitude des faits. Mieux, il pourrait proposer des articles
crédibles, tirés des ouvrages sus-cités ou d’autres tout aussi dignes
d’intérêt et montrer de la sorte sa bonne foi. A défaut, en plus de la
légitime réprobation de l’immense majorité des Musulmans dans le pays, il
pourrait courir le risque d’avoir à s’expliquer devant les tribunaux.
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