L’islam est une
religion de tolérance, de paix et d’égalité
Le Dr Chikh Bouamrane,
président du Haut conseil islamique, invité d’El Moudjahid
PUBLIE LE : 12-10-2010 | 20:59
Religion et modernité dans
l’espace musulman, a été le thème d’une conférence-débat assurée hier au
centre de presse d’El Moudjahid par le Docteur Chikh Bouamrane,
président du Haut conseil islamique. L’orateur a dressé un tableau
saisissant sur la place de l’islam, les conquêtes scientifiques et
culturelles accumulées pendant l’âge d’or de l’islam, l’importance de la
communauté islamique dans le monde qui pèse d’un poids très lourd pour
le règlement de questions essentielles qui taraudent le présent et
conditionnent l’avenir.
Une objectivité qui honore son auteur
Le Docteur Chikh Bouamrane a été d’une objectivité qui l’honore dans les
réponses aux questions qui lui ont été adressées par les participants,
chercheurs, hommes de religion, représentants d’institutions publiques,
représentants de médias qui ont pu assister à un cours magistral
distribué par le président du Haut conseil islamique qui s’est montré
par ailleurs d’une extrême disponibilité. On sait que l’islam fait face
aujourd’hui à un certain nombre de périls, mais dispose de moyens de
défense qui ne sont pas négligeables.
Une foi profondément ancrée
Il y a d’abord cette foi profondément ancrée chez les fidèles qui leur
sert de bouclier. On peut se rappeler combien l’islam et la langue
nationale ont été des moyens de défense imparables contre une
colonisation dont l’objectif était de déposséder l’Algérien de sa
personnalité et le fondre dans un corps qui lui était totalement et
complètement étranger.
L’islam, un élément fondamental de la personnalité
L’islam est un élément fondamental de la personnalité algérienne. Il a
été une arme de combat contre l’adversité, c’est cette même arme qui a
été utilisée lorsque le terrorisme est apparu dans notre pays,
véhiculant une idéologie contraire à nos traditions et à nos mœurs. Ce
fut le même rejet, l’Algérien se revendiquant toujours d’un islam
authentique tirant sa source du saint Coran et des hadits.
Une période particulièrement sensible
Aujourd’hui, nous sommes à une période où choc des civilisations, choc
des cultures et choc des religions font l’objet d’un odieux commerce de
la part de certaines forces occultes, ou qui le sont moins.
Ces forces cherchent à tirer prétexte de n’importe quel événement pour
justifier leurs attaques contre l’islam. L’islamophobie s’est
aujourd’hui constitué en fonds de commerce attisant des campagnes
médiatiques dans certains pays, utilisant les amalgames et favorisant
l’intolérance, la haine, la violence.
Islamophobie et islamisme politique : même combat
Ce qu’il est convenu d’appeler en Occident l’islamisme politique chasse
sur les mêmes terres de l’intolérance pour les partisans d’une violence
qui se distingue par la déformation et la défiguration du message
véhiculé par le saint Coran et les hadits. L’islam authentique reste
pour sa part ancré dans une tradition de paix et de dialogue, qui
constitue sa force. On a des savants, des oulémas, dans le monde
musulman, note à ce propos, le président du Haut conseils islamique.
C’est à eux que revient l’interprétation des textes.
Protéger l’islam
L’essentiel, c’est de protéger l’islam contre les déviances, les
déviations défendu au nom de ses principes par des millions de fidèles,
une communauté de savants et de sages agissant au nom de l’Ijtihad,
théorie dont l’usage est particulièrement recommandé dans la religion
qui permet de revenir à tout ce qui est authentique, les fausses
querelles. Le Coran a ses fondements et ses piliers qui se retrouvent
dans la défense de la justice, de la paix, de l’égalité, note
l’orateur. L’islam, c’est la manifestation de la sagesse,
ajoute-t-il. Ceux qui y devient, soit les défenseurs des thèses
obscurantistes, ceux mus par le fanatisme, sont des groupuscules qui ne
peuvent avoir donc pour référence l’islam, ni se reconnaître dans le
Coran, et c’est l’évidence, on ne peut faire un nouveau Coran.
Le musulman est interpellé
Le président du Haut conseilislamique a rappelé que l’évolution du monde
moderne interpelle le musulman. Nos sociétés ont changé dans plusieurs
domaines : vestimentaires et autres, mais l’acquisition du savoir et de
la technologie, sont au centre de toutes les revendications, tout en
préservant les traditions et les coutumes.
L’orateur cite le cas du Japon, qui s’est lourdement investi dans la
technologie, mais a su, dans le même temps, conserver et garder ses
traditions. Le Japonais est à l’usine ou dans un laboratoire, une
entreprise dans la journée, impliqué dans la révolution technologique
mais retrouve ses traditions et ses valeurs ancestrales, le soir en
rentrant chez lui.
Technologie et médias envahissent notre univers
Aujourd’hui, la technologie, les médias envahissent notre univers, il
s’agit pour nous d’en faire le meilleure usage. Acquérir le savoir reste
au cœur des préoccupations, selon le docteur Chikh Bouamrane. C’est
ainsi aussi que Japonais et Chinois se sont saisis de la technologie et
de la science, en envoyant leurs enfants étudier là où ce savoir-là
existait. Aujourd’hui, il profite à tous. L’orateur rappelle aussi
l’expérience faite par des pays musulmans d’Asie, la Malaisie,
l’Indonésie, qui ont réalisé des progrès économiques importants en
s’adaptant à l’évolution moderne. L’acquisition du savoir, c’est une
façon d’évoluer, d’éviter les retards ou tenter de les combler.
La religion au centre de la motivation
En parallèle, la pratique de la religion doit rester au centre de la
motivation. Etre de son temps, et être profondément impliqué dans la
pratique de sa religion, ce sont des actes qui ne peuvent être
antinomiques.
L’une s’exerce en même temps que l’autre, suggère l’orateur. Le
sous-développement n’est pas une fatalité. Il faut créer les conditions
d’une véritable émancipation sur le plan économique et social et sur le
plan culturel et scientifique. Nous défendons une telle démarche dans le
cadre de nos activités au HCI, fait remarquer le Dr Chikh Bouamrane. La
quête de la science, du savoir au moyen de la recherche est
fondamentale. Le monde musulman dispose de savants et de oulémas de
prestigieuses universités qui diffusent le savoir, font de l’Ijtihad.
Un présent qui se nourrit du passé
Notre présent se nourrit du passé et permet de préparer
l’avenir. Certaines forces politiques envahissent de clichées la
définition de ce qui se passe dans les pays musulmans, la condition de
la femme, la pratique de la foi même, mais occultent tout ce que les
autres religions monothéistes, judaïsme et le christianisme, véhiculent
comme dérives et déviations.
Il y a une fixation sur le seul islam et pour travestir la réalité il y
a de faux prétextes qui sont souvent avancés. Le président du Haut
conseil islamique pour bien faire remarquer combien le religieux occupe
un énorme espace aujourd’hui dans le monde, rappelle une citation de
l’ancien homme politique et écrivain français, André Malraux qui
affirmait déjà en son temps, que le XXIe siècle sera spirituel ou ne
sera pas.
Permanence du fait religieux
Le fait religieux, on le sort par la porte, il revient par la fenêtre,
note l’orateur pour bien marquer cette permanence de la religion dans le
quotidien des gens. On parlant de morale, le président du Haut conseil
islamique, affirme qu’on la retrouve dans les trois religions
monothéistes. Il rappelle les 10 commandements : ne pas mentir, ne pas
voler, etc.
L’islam est en compétition pacifique avec les autres religions, relève
l’orateur.
Il y a l’image qu’on veut nous donner de l’extérieur et il y a la
réalité interne.
Et cette réalité, c’est la tolérance, l’acceptation de l’autre, la
solidarité entre tous les membres de la communauté et à l’égard de
l’extérieur. C’est cela l’image véritable et son altération ne peut que
chercher à dispenser le mal.
Le fanatisme est étranger à l’islam
Le fanatisme nous est étranger, il est étranger à l’islam, il ne peut
être que le fait de groupuscules qui évoluent en dehors de l’islam qui
lui est fort de nos valeurs et de nos traditions, l’islam authentique.
Le fanatisme, quand il existe, doit être condamné dans toutes les
religions. On nous traite à l’extérieur, d’islamistes politiques relève
l’orateur, y a-t-il un judaïsme politique, personne n’en parle
paradoxalement pas plus pour le christianisme ou le catholicisme. Il
s’agit dans ce cas de groupuscules de minorités agissantes.
L’intégrisme est une dérive grave
L’intégrisme est une dérive qui s’est greffée dans les trois religions.
Monseigneur Lefèvre a été le représentant d’une tendance de l’intégrisme
dans la chrétienté.
Dans le judaïsme, l’intégrisme se remarque en son sein à travers ce
qu’endure le peuple palestinien. Dans le monde musulman, tout le monde
n’est pas terroriste et d’ailleurs la communauté internationale peine à
trouver un consensus pour trouver une définition du terrorisme.
En Irlande, il y a eu une guerre entre les deux communautés catholique
et protestante durant 25 ans. Comment qualifier ce qui s’est passé ?
En Palestine, on parle par exemple à propos de Ghaza, de terrorisme
palestinien et on occulte volontairement le terrorisme d’Etat qui est
celui de l’administration israélienne.
De ce terrorisme personne n’en parle, note le président du Haut conseil
islamique.
L’Amérique et le veto en faveur d’Israël
A la question posée par un homme politique sur le pourquoi de l’image
défavorable qu’ont les Etats-Unis dans les Etats arabes et musulmans, il
est rappelé entre autres griefs, l’usage abusif du veto en faveur
d’Israël, qu’exercent les Etats-Unis pour bloquer toutes les résolutions
du Conseil de sécurité, condamnant l’administration israélienne.
Israël ne se conforme à aucune résolution du Conseil de sécurité ou des
recommandations d’autres instances de l’organisation internationale.
Le président du Haut conseil Islamique juge positive la décision
d’étendre à 80 millions d’Américains, le bénéfice de la sécurité
sociale.
Un acte de foi
C’est un acte de foi qui est conforme aux enseignements de la religion.
En islam, nous sommes favorables au dialogue. Le Dr Chikh Bouamrane
relève qu’il y a interprétation entre toutes les religions et notamment
les religions monothéistes. Cela doit pouvoir favoriser le dialogue. Et
pourtant nos pays ont connu les affres de la colonisation, parfois menée
au nom de la religion.
Nous avons connu pendant une très longue période, le langage
exclusivement militaire, la violence, les assassinats, les destructions,
la torture, les déportations.
Que nous reste-t-il, alors sur le plan culturel, strictement rien. Nous
étions des sujets et à l’avénement de l’indépendance, le taux
d’analphabétisme étant extrêmement élevé, la pauvreté poussée à son
extrême.
Digression
Le Président du Haut conseil islamique a relevé que le chef de l’Etat
français dans un de ses discours prononcé à Dakar sur la situation en
Afrique, c’est vu opposer de réponses fulgurantes de la part
d’intellectuels, Aimé Césaire notamment, et même dans la classe
politique française pour ses digressions à propos de l’Afrique.
Le Dr Chikh Bouamrane relève qu’il existe des Etats qui sont en voie de
développement pour des raisons qui plongent leurs racines dans la
colonisation, dont ils ont été victimes, mais pas les peuples, très
souvent issus de vieilles et brillantes civilisations.
La colonisation n’a laissé que ruines et désolation
La colonisation n’a laissé que ruines et désolation. En parlant de
problème de développement, comment qualifier la situation de certains
pays européens plongés dans la crise et dont certains proches de
l’effondrement sur le plan économique. Mettez de l’ordre chez vous, chez
nous on s’en occupe, suggère alors le président du Haut conseil
islamique, s’adressant aux dirigeants de certains pays.
Dans le débat, le Dr Chikh Bouamrane est revenu sur un certain nombre de
questions répondant ainsi à l’interrogation des participants.
Crise de spiritualité
Sur la situation qui prévaut dans les pays musulmans, le Dr Chikh
Bouamrane relève qu’au début de chaque siècle, on relève que le monde
souffre d’une crise de spiritualité, les crises économiques et
financières, la recherche du profit à tout prix, sont présentés
aujourd’hui comme des défis du siècle.
S’emparer des richesses des autres, entre dans les objectifs de
politiques de certains pays développés. Nous sommes en présence d’un
monde qui peut apparaître comme impitoyable surtout à l’égard des plus
faibles, suggère le président du Haut conseil islamique.
Ange ou démon
L’homme peut être ange comme il peut se transformer en démon, rapportent
les philosophes. Les trois religions monothéistes doivent faire
prédominer la bonne action, l’humanisme, relève l’orateur. La paix et
l’égalité doivent être au cœur des préoccupations. Dans le dialogue
réside le règlement des malentendus et des incompréhensions.
Solidarité, entraide, fraternité
Le président du Haut conseil islamique a rappelé que dans l’islam
prédominait les notions de solidarité, d’entraide, de fraternité. La
liberté de conscience est un fondement de notre action. Nous devons
lutter contre toutes les intolérances, les situations de fanatisme, de
racisme. Le Dr Chikh Bouamrane en vient à évoquer, suite à des questions
en ce sens, les actes de fanatisme que certains pays ont connu dans la
croisade de certains groupuscules, contre l’islam, les caricatures
concernant le Prophète (que le salut soit sur lui), les attentats contre
les lieux de culte, leur profanation comme on le voit notamment en
Palestine du fait de groupes extrémistes, la profanation de tombes dans
les cimetières musulmans qui n’épargne pas celle où sont enterrées des
personnes issues d’autres confessions dans certains cas.
Eviter les généralisations abusives
Concernant les situations conflictuelles, le Dr Chikh Bouamrane, affirme
que dans la plupart des cas, il ne faut pas généraliser, ne pas tout
condamner alors que l’acte hostile n’est que le fait d’un groupuscule
condamné parfois par les autres membres de la communauté. Les
généralisations abusives peuvent causer beaucoup de torts et provoquer
des situations qui peuvent aller en s’aggravant jusqu’à provoquer des
tensions communautaires extrêmes, cela s’est vérifié.
Dialogue comme antidote
Le dialogue reste alors le meilleur antidote. Concernant les situations
en termes de développement dans certains pays en voie de développement,
voire même sécuritaires, le reste du monde n’est pas épargné par la
crise, ni par les tensions internes et les exemples sont
nombreux. L’Algérie est aujourd’hui un Etat de droit, nous avons nos
institutions, des élus locaux, des lois qui protègent les libertés
individuelles et collectives.
Il y a le recours possible aux tribunaux
Quand il y a une situation contentieuse, la loi permet le recours aux
tribunaux. C’est ainsi pour le cas où il a pu y avoir dans certaines
régions des problèmes dans l’exercice de culte chrétien. Les tribunaux
sont là pour trancher. La généralisation de faits isolés ne peut que
constituer un danger en faisant des fixations sur les uns et les
autres. Le rôle des intellectuels est d’aider à apaiser, à réunir et à
favoriser le dialogue, à nous engager pour que les choses rentrent dans
l’ordre au profit de tous.
L’usage de la médiation
L’usage de la médiation est alors vivement recommandé en islam, comme
dans les autres religions d’ailleurs. Faire de notre communauté, une
communauté éloignée des extrêmes, reste un objectif majeur. Le juste
milieu constitue le plus souvent, la voie de la sagesse. Nous avons des
oulémas, des sages qui allient à cette sagesse l’expérience. Nous avons
des institutions qu’il faut solliciter là où existent des problèmes
qu’il peut paraître urgent de régler. C’est la voie aussi du bon sens.
Un débat citoyen
Le débat doit être un débat citoyen, qui doit éloigner le langue de
bois, laquelle ne peut contribuer qu’à aggraver les problèmes, quand
elle est au rendez-vous. Sur une question concernant le kidnapping, la
demande de rançon, la religion n’a rien voir dans ce cas. Il s’agit d’un
crime, de banditisme. Il faut condamner avec la plus grande fermeté. Sur
une question concernant la peine de mort, le Dr Chikh Bouamrane s’étonne
que l’on évoque souvent les agresseurs, en oubliant totalement les
victimes. Personne ne parlent d’elles. Sur les associations de zaouias,
l’orateur se demande en quoi leur existence est gênante. Ce type de
situations existe bien dans d’autres religions.
Sur le cas des non-jeuneurs, la liberté de conscience est pleinement
reconnue. Il faut simplement respecter son environnement.
T. M. A.
L'islam est une
religion de tolérance, d'ouverture sur autrui, qui encourage le dialogue
civilisationnel et qui n'est pas contre la modernité, a souligné, hier
M. Chikh Bouamrane, président du Haut conseil islamique (HCI).
"La modernité ne veut nullement dire épouser les idées et croyances des
autres. Il s'agit pour nous de ramener des autres ce que nous n'avons
pas (et qui nous est utile) tout en conservant notre identité et notre
culture", a tenu à rappeler le président du HCI, qui s'exprimait à
l'occasion du forum d'El Moudjahid dont le thème était "l'islam et la
modernité dans l'espace musulman".
Tout en admettant que le choc des civilisations et des cultures était à
son faîte, le conférencier a tenu à mettre en évidence le fait que
l'islamisme politique n'a rien à voir avec l'islam authentique qui lui,
est, entre autres, synonyme de paix et de tolérance.
Pour lui, cette notion d'islamisme politique s'est accentuée depuis la
guerre d'Irak, faisant remarquer l'inexistence, dans le lexique utilisé,
de la notion de christianisme politique ou de judaïsme politique.
Faisant une chronologie de la pensée musulmane depuis l'âge d'or de
l'islam, M. Bouamrane n'a pas omis de faire allusion à l'apport de
certains philosophes, dont Ibn Rochd (Averroès), tout particulièrement,
qui ont eu un aperçu de la philosophie grecque et dont l'influence
exercée a été des plus indéniables.
Réfutant les attaques acerbes et l'acharnement dont l'islam fait
l'objet, notamment de la part des orientalistes qui l'accusent
d'"immobilisme" et de "fanatisme", le président du HCI a fait savoir que
la notion d'"ijtihad" (le fait d'adapter certaines données à un contexte
bien déterminé), réalisée par des savants ayant fait leurs preuves en
théologie, permettait de lever bien d'équivoques et de trouver des
solutions à de nombreux problèmes et incompréhensions.
"On accuse les musulmans de maltraiter les femmes au moment où une
récente enquête fait ressortir qu'en France et en Espagne, la majorité
des époux battent leurs femmes", martèle M. Bouamrane.
S'intéressant à la notion de terrorisme, le président du HCE s'est
demandé pourquoi l'on veut à tout prix la coller à l'islam, relevant
qu'en Irlande, les protestants et les catholiques s'entre tuent depuis
25 ans presque dans l'indifférence (auxquels il faut ajouter les
bouddhistes du Sri Lanka) sans que cela ne suscite l'indignation et la
réprobation des puissants de ce monde.
"J'ai bien apprécié l'avis d'un philosophe français qui, à la faveur
d'un récent article de presse, a préconisé de parler de fanatisme plutôt
que de parler de terrorisme", a insisté M. Bouamrane.
Concernant ce dernier point, le président du HCI a insisté pour dire que
son institution dénonçait, avec la plus grande vigueur, les profanations
dont font l'objet, en Europe, les mosquées et les cimetières.
Au sujet des zaouïas, l'orateur a indiqué que le HCI encourageait celles
qui dispensent le savoir, le Coran, le hadith et même les langues
étrangères, a-t-il ajouté. Concernant le poste de mufti de la
République, M. Bouamrane a rappelé que le dossier s'y rattachant se
trouvait entre le mains du Président de la République et qu'il
appartenait à ce dernier de trancher cette question.
"Nous avons fait part d'un certain nombre de propositions. Nous
encourageons la désignation d'un mufti avec un conseil (direction
collégiale)", a indiqué le président du HCI.
Lors du débat, outre la nécessité de faire la distinction entre l'islam
et les musulmans, l'accent a été mis sur le fait que ces derniers, de
par leurs comportements et de leur incompréhension du vrai islam, ont
donné l'occasion à leurs ennemis de les fustiger, de les dénigrer et de
les accuser de sous développement.
APS