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La
rencontre du Docteur Chikh Bouamrane
avec la Commission des réformes politique.
La
Constitution
Tout d’abord, je dois dire que la constitution nécessite effectivement
une révision de certains articles en vertu de l’évolution de la société.
Cette démarche exige une étude minutieuse qui doit être menée par des
experts en droit et en sciences politiques. Cependant, il y a des
constantes que le peuple a adoptées dans plusieurs consultations et
qu’il faudrait préserver. Il y a entre autres l’article stipulant que
l’Islâm est la religion de l’Etat, la généralisation de la langue arabe
dans toutes les institutions, ainsi que d’autres constantes. Le système
démocratique s’appuie sur le principe de la consultation (Choûrâ) de la
majorité des électeurs et sur la séparation entre les trois pouvoirs :
législatif, judiciaire et exécutif. Tel est du régime parlementaire qui
comporte une Chambre ou deux.
Il est possible de consulter le peuple par référendum. Il en est de même
pour le mandat présidentiel, après une large discussion publique à
laquelle pourront participer les différents moyens d’information. Nous
défendons aussi la liberté de la presse et d’opinion, en supprimant la
peine de prison pour les journalistes, lui substituant des amendes en
cas de diffamation et d’atteinte à l’honneur des personnes, en recourant
aux tribunaux compétents.
L’éducation et la culture.
Il est nécessaire d’encourager l’éducation religieuse et la culture
générale : littérature, histoire, pensée universelle et sciences
modernes, de renforcer les moyens audio-visuels et d’éradiquer
l’analphabétisme.
Le Conseil national de la fatwa.
Il peut être constitué de savants renommés, jouissant de solides vertus
morales. Il a pour but d’éviter l’anarchie qui prévaut actuellement où
tout un chacun donne son avis. Le Conseil doit se référer à l’école
malikite, à la doctrine acharite et au soufisme sunnite authentique.
L’économie et le chômage.
Il est du devoir de l’Etat d’élaborer une politique économique
scientifique qui garantit une vie digne aux citoyens pour venir à bout
de la pauvreté et du chômage. Une telle politique économique doit
garantir le travail pour tous. Il importe d’accorder une indemnité
spéciale temporaire aux chômeurs jusqu’à ce qu’ils trouvent un emploi
permanent. Il convient enfin de mettre un terme à l’émigration
clandestine. La répression à elle seule ne suffit pas à enrayer ce
phénomène. Il y a lieu de faire preuve de compréhension envers les
émigrés clandestins qui se trouvent dans une grande détresse. L’Etat
doit prendre en considération leurs problèmes et leur garantir l’emploi
et la dignité. La fuite des compétences à fait l’objet de nombreuses
études, mais elles n’ont pas été mises en application. Un traitement de
ce problème est urgent.
L’application du code du travail pour tous.
Les entreprises nationales ou étrangères se trouvant dans notre pays
doivent respecter le code du travail en vigueur dans notre pays; ces
entreprises doivent reconnaître les syndicats autonomes et coopérer avec
eux, afin de garantir aux travailleurs tous leurs droits, en leur
donnant des salaires suffisants pour vivre et en limitant les heures de
travail. Dans la mesure où nous avons reconnu le pluralisme politique,
il est juste de reconnaître aussi le pluralisme syndical aux
organisations syndicales autonomes qui représentent un grand nombre de
travailleurs.
Conclusion.
Si ces réformes sont appliquées sur le terrain, il sera possible
d’assurer à tous justice, stabilité et solidarité. Les qualités morales
et politiques nous aideront à résoudre les fléaux sociaux, avec l’aide
de Dieu.
Alger,
le 9 Radjeb 1432 de l’Hégire, correspondant au 11 juin 2011.
Docteur Chikh Bouamrane,
Professeur universitaire et ancien ministre.