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Réponse  à un magazine qui met en cause le Coran. *

 

 

                     Le magazine Philosophie 1 a consacré  au saint Coran, dans son édition de février-avril 2010 un numéro hors série sous tous ses aspects. Pour ce faire, il a fait appel à des chercheurs et des universitaires dont le moins qu'on puisse dire pour certains est qu'ils sont loin de prétendre parler au nom de  l’Islâm ou d'expliquer ses principes fondamentaux, sans arrières pensées. L'éditorialiste du magazine écrit: Lire le Coran? Mais lequel? Comme si il y avait plusieurs Corans et non un seul sur lequel sont d'accord tous les musulmans depuis des siècles. De quels Corans s'agit-il donc ? Si l'auteur de cet éditorial entend par-là les lectures du Coran, qu'il sache que cela n'a rien à voir avec des différences de fond dans le Coran. Le Prophète (qsssl) et tous les savants exégètes du Coran savent cela depuis sa révélation.

                Le Coran que nous possédons aujourd'hui est le texte qui a été révélé au Prophète (qsssl). Il a été conservé au fur et à mesure de sa révélation par les Compagnons du Prophète (qsssl) qui l'ont appris par cœur  et l'ont récité régulièrement. Les secrétaires du Prophète (qsssl) se sont chargés de le transcrire sur des morceaux de cuir, des palmes, des tessons de poterie, des os d'omoplate… En l'an 12 de l'Hégire, le calife Aboû Bakr a ordonné la première recension du corpus coranique. Achevée en un an sous la direction de Zayd Ibn Thâbit, Compagnon et secrétaire du Prophète (qsssl), elle a été confiée à Hafsa, épouse du Prophète et fille du calife Omar qui l'a conservée.

             En l'an 26, le calife Othmân a désigné une Commission de quatre Compagnons dont Zayd Ibn Thâbit avec pour mission de reprendre la première recension. La recension de Othmân devint définitive. Par la suite, le corpus n'a subi aucune modification. Ainsi, le texte coranique a été fixé, quelques années à peine après la mort du Prophète (qsssl), alors que la plupart de ses Compagnons étaient encore en vie et pouvaient témoigner de son authenticité. Nul doute ne subsiste à ce sujet. L'histoire du Coran, contrairement à celle de l'Ancien et du Nouveau Testament, est claire et ne comporte aucune ambiguïté. Le texte sacré des musulmans est le socle sur lequel est bâti l'Islâm. Cela explique l’acharnement de certains milieux se disant spécialistes de l'islâm à vouloir trouver des contradictions dans le Coran pour semer le doute.

            Pour donner un semblant de crédibilité à leurs thèses, des milieux étrangers à l'Islâm font appel à certains intellectuels d'origine musulmane que l'on appelle "les nouveaux penseurs de l'Islâm" pour repenser ou réformer l'Islâm et le rendre acceptable à la vision de l'Occident. Si le Coran est mal compris par certains esprits en Occident, c'est leur problème non celui des musulmans. Pour les fidèles de l'Islâm, le Coran est une révélation divine par excellence; c'est le Verbe éternel et incréé de Dieu qui est descendu dans le monde terrestre.

           Avant Mohammad (qsssl), Dieu a révélé Son message à d'autres prophètes comme Noé, Abraham, David, Salomon, Moïse, Jésus, pour citer les plus célèbres. La révélation du Coran coule de la même source. Elle est exempte de toute contradiction si minime soit-elle. Un verset dit à ce sujet : « Pourquoi ne méditent-ils pas le Coran? S'il provenait d’un autre que Dieu, ils y auraient trouvé de nombreuses contradictions ». (Coran, S.4, v.82).

         En somme, les opinions émises dans le magazine sont peu crédibles et pèchent par ignorance ou par des préjugés tenaces. Qu'il s'agisse de prétendus spécialistes occidentaux ou des "nouveaux penseurs de l'Islâm, elles ont pour point de départ et pour postulat une vague connaissance des sources de l'Islâm, d'où les thèses arbitraires qui paraissent de nouveau dans certaines publications en Occident, plus ou moins mal informées et qu'il convient de corriger par des études sérieuses, scientifiquement documentées, sans parti pris aucun.

 

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1.In Philosophie magazine, numéro hors série, février-avril 2010, Philo-édition 25 rue Taffet, 75016, Paris. Email : rédaction@philomag.com

 

 

 

                                                                    Alger, le 27/05/2010.

                     * Messaoud Boudjenoun, cadre du Haut Conseil Islamique.

                                                 écrivain et traducteur