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Brève allocution de bienvenue du Président du Haut Conseil islamique, le Docteur Chikh Bouamrane à l'ouverture du Colloque international qui s'est tenu à l'hôtel Al-Aurassi, les 29, 30 et 31/03/2010.

 Au nom de Dieu le Clément, le Miséricordieux, que la prière et le salut soient sur notre Prophète, sur sa famille et tous ceux qui le suivent jusqu'au Jour du jugement.

 

                 Bienvenue aux honorables invités de notre pays et à ceux venus de l’extérieur. Nous les remercions pour leur participation à notre Colloque. Nous souhaitons également la bienvenue au public qui nous a honorés de sa présence ainsi qu'aux représentants de la presse et à tous ceux qui nous ont aidés dans la réussite de ce colloque scientifique.

               Le Haut Conseil islamique a eu l'occasion de s'occuper de la civilisation musulmane en Andalousie à l'époque du philosophe Ibn Rochd. Aujourd'hui, il présente un nouveau thème : l'Islâm et les sciences rationnelles entre hier et aujourd'hui. Pourquoi avoir choisi un tel thème? Depuis quelque temps, un certain nombre de livres et d'articles nous parviennent de l'étranger dans lesquels leurs auteurs s'interrogent: l'Islâm est-il compatible avec la raison? Se base-t-il sur elle? L'Islâm a-t-il contribué à l'essor de la civilisation universelle ou s'est-il contenté de transmettre les sciences qui lui sont parvenues des autres civilisations?

            Ce genre de questions montre le manque de connaissances de certains chercheurs et journalistes, surtout parmi les occidentaux, de la civilisation musulmane, de ses débuts à nos jours. Il est de notre devoir de faire connaître notre civilisation avec clarté et objectivité, sur la base d'études scientifiques solides. Dans le saint Coran et la noble Sunna prophétique, il y a plusieurs textes appelant à la réflexion, à la méditation et à l'observation des phénomènes de la nature. On peut citer à titre d'exemple ces versets : "Pourquoi n'étudient-ils pas le Coran?"- (S4, v82)- " Réfléchissez ô vous qui êtes doués de raison!"- (59, v2.)- "Est-ce qu'on peut mettre sur le même plan ceux qui savent et ceux qui ne savent pas?" "-Seuls ceux qui sont doués d'intelligence savent tirer les leçons"- (S39, v3)- "Seigneur, accorde-moi plus de science!"- (S20, v114)- "Il y a dans l'alternance de la nuit et du jour, et dans ce que Dieu a créé dans les cieux et sur la terre, des signes pour les gens pieux"- (S10, v10)- "Ils ont des intelligences, mais ils ne comprennent rien" -(S7, v179)- Dans la Sunna prophétique, il est dit : "Recherchez la science du berceau à la tombe". "La sagesse est la quête du croyant". -"Les savants sont les héritiers des prophètes".

   D'après les livres et les publications défavorables à l'Islâm qui nous parviennent de divers milieux, nous pouvons faire la classification suivante: Il est un premier groupe de savants orientalistes honnêtes qui font preuve d'impartialité envers l'Islâm; ils l'ont fait connaître, ont traduit et publié des manuscrits de son patrimoine. Ces savants méritent tout notre respect. Malheureusement, ils ne sont pas nombreux. Nous pouvons citer à titre d'exemple: les orientalistes Louis Gardet, Régis Blachère, Marcel Boisard et William Bulliet entre autres. Le deuxième groupe se compose de quelques orientalistes et missionnaires qui ont présenté une image tronquée de l'Islâm, déformé sa vérité et jeté la suspicion sur ses sources fondamentales. Pourquoi ont-ils agi ainsi? Ils ont été influencés par la période coloniale subie par de nombreux pays musulmans, pendant laquelle ils ont vécu ; ils veulent parfois glorifier leur religion propre et leur civilisation aux dépens d’autres religions et cultures. Parmi ces orientalistes, nous citons Henri Lammens, Ignace Goldziher et de nombreux autres. Le troisième groupe comprend des chercheurs, des savants et des journalistes qui ne croient en aucune religion et militent pour la laïcité, l'athéisme ou le positivisme. Nous citons à titre d'exemples Ernest Renan, Karl Marx et bien d’autres écrivains et chercheurs. En 2008, un ouvrage a été publié par un chercheur du nom de S. Gouguenheim dans lequel il affirme que la civilisation musulmane n'a pas fait connaître Aristote à l’Occident. C'est un moine peu connu qui vivait dans un monastère du mont Saint Michel (France). Il s'agit là d'une opinion étrange et sans fondement. En effet, l'auteur de cet ouvrage n'est pas un spécialiste du monde arabo-musulman et ne connaît pas la langue arabe. Il s'est trouvé un groupe de chercheurs impartiaux qui ont répondu à cette thèse erronée dans un ouvrage intitulé "Les Grecs, les Arabes et nous, enquête sur l'islamophobie savante", édition Fayard, Paris, 2009. Parmi ces chercheurs, citons en particulier l'universitaire Alain de Libera, de l'Université de Genève avec ses collègues. Ils ont réfuté ce livre dépourvu de toute objectivité. Nous discuterons de cette question au cours de notre colloque. Nos travaux sont organisés en séances plénières le matin et en ateliers l’après-midi. En marge du colloque, des rencontres avec la presse sont prévues. Je vous salue tous.   

                                                                              Alger, le 29 mars 2010.